Musique - Rendons la musique aux artistes, pas à Hadopi

Hadopi n’est pas loin d’être le plus grand hold up de l’industrie du  disque. C’est l’arbre qui cache la forêt, ou plutôt une habile diversion pour que les majors gagnent toujours plus et les artistes toujours moins : démonstration !

Avant, une maison de disque c’était le producteur qui trouvait un artiste valable et lui permettait d’enregistrer un disque et ensuite de le placer auprès des distributeurs et diffuseurs.

Maintenant une maison de disque c’est une société qui veut tout maîtriser de la détection du produit, pardon de l’artiste, jusqu’à son achat par le consommateur. Après un temps de retard qui leur a fait perdre de l’argent à ne pas voir le marché naissant de la musique numérique, les majors ont bien vite repris leur lobbying et tout vérouillé pour que l’argent reste. Cela pourrait être louable si l’artiste, le créateur, conservait ses revenus mais il n’en est rien et les majors ont trouvé l’occasion belle pour assoir leur domination.

Le dernier numéro de l’Ordinateur Individuel SVM parle du Diktat des Majors sur le streaming audio et au passage nous gratifie d’un comparatif de la répartition des revenus sur un fichier numérique et sur un CD. Ils parlent en pourcentage mais ramenons ces même chiffres en valeur, sachant qu’un CD vendu 15 à 17 euros est vendu 9,90 en MP3.

tableau

Oui c’est bien +90% de plus pour la Major qui maitrise la chaine de distribution beaucoup mieux maintenant et 60% de moins pour l’artiste. La Major a en effet récupéré au passage le rôle de distributeur qui pouvait lui échapper parfois. Certes le producteur peut encore être indépendant et les chiffres de vente de MP3/AAC sont moins importants que ceux des supports physiques…..mais il faudra presque moitié moins de vente de version numérique pour une même rentrée d’argent pour la major alors que l’artiste dans le même temps touchera…5 fois moins !

Pas étonnant que la “Licence globale” soit rejetée par les majors car il aurait fallu remettre à plat les revenus de la musique et la répartition aux différents “ayant droit”, ce que les majors ne veulent surtout pas.

Les majors vont répondre qu’il faut ammortir des nouveaux frais, que le marketing est de plus en plus cher, etc….Mais quand on voit qui bénéficie du marketing, on peut se poser des questions car ce sont souvent les même artistes installés qui prennent la plus grosse part, ceux qui apparaissent toujours sur les plateformes de téléchargement légal au détriment de tout un pan de la culture musicale.

Il y a 3 ans, je parlais d’un autre mode de distribution, celui choisi par Jon Crosby de VAST. En réalité il continue à utiliser ce mode de distribution plus les plateformes “à la mode” sur le net et le mode de distribution classique. Après tout, il n’y a rien à perdre.  Mais sa part en est augmentée. De plus en plus de groupes et artistes choisissent des ventes directes via leurs sites, myspaces et autres avec des paiements paypal.

Rappelons au passage que les filtrages et recherches d’Hadopi ne se font pas sur tous les artistes possibles mais uniquement sur une “topliste” d’artiste qui reste d’ailleurs bien mystérieuse. On pourrait ainsi imaginer que si quelqu’un partageait des fichiers d’un groupe de Hard Rock US éphémère des années 80, il aurait peu de chance de se faire attraper par l’Hadopi…Bref, on protège toujours les même et les autres peuvent bien crever…?


Ecrit le : 05/11/2010
Categorie : musique, geek
Tags : hadopi,industrie,musicien,Musique,piratage

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