Musique - Jacques Higelin - Paris 2010

Jacques Higelin fêtait hier son anniversaire parmi son nombreux public au Zenith de Paris. Encore une légende de la scène à ne pas manquer.

Mais quel âge a-t-il Jacquot? Lui qui commença un peu par hasard la musique à vingt ans, la légende voulant que c’est en rencontrant Henri Crolla, guitariste et accompagnateur d’Yves Montand, que le jeune Jacques se met à la chanson… D’abord acteur, il fait connaissance d’autres personnalités parisiennes de l’époque comme Rufus, Brigitte Fontaine ou Areski Belkacem, un ami de régiment avec lequel il enregistre quelques titres. Mais stoppons là la machine à remonter le temps, appuyons sur le bouton forward, et hop nous voilà rapidement dans les années 79-80 avec le diptyque Champagne pour tout le monde…, Caviar pour les autres. 1988, c’est l’album Tombé du ciel et son single du même nom qui le consacrent. La rencontre avec Rodolphe Burger dans les années 90, et hop nous voilà à ce Zenith de Paris 2010.

Mais il venait fêter quoi, tout ce monde agglutiné à l’entrée du Zenith en une longue file d’attente dans les frimas de ce mois d’Octobre, bravant les embouteillages, les trains au repos et la pénurie de carburant ? Un public un peu plus âgé mais au fond toujours aussi jeune que son idole, un public qui arbore quelques t-shirts confectionnés pour l’occasion (“La Nuit Promet d’Être Belle”…) ou chante déjà quelques-unes de ses ritournelles.  Les portes s’ouvrent et nous prenons place dans les gradins d’un Zenith affichant complet.  Quelques  ”Joyeux anniversaires” sont entonnés et quelques minutes avant le début du concert c’est même un “Frère Jacques” qui est chanté, comme si le grand frère de la soirée s’était endormi ???!

Oh non, il ne dort pas malgré des petits pépins de santé qui l’ont fait annuler un concert il y a quelques jours et vont l’obliger à avoir pour compagnon supplémentaire, une …boîte de mouchoirs. Non, il ne dort pas et c’est seul comme un cowboy qu’il vient affronter, pardon, embrasser le public avec une guitare, drapé dans un long manteau de velours presque assorti à sa désormais célèbre tignasse grise.

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La machine est lancée….machine, quel vilain mot pour un chanteur à la si belle âme, qui parle avec émotion de cette angoisse au sujet de ce concert, qui d’ailleurs est enregistré. La voix est là, unique, brute, douce, enjôleuse….L’énergie aussi mais ça, ce n’est pas une surprise.  Son “big band” le rejoint : deux guitaristes, un bassiste, une section cuivres avec trompette, saxo et trombone, un clavier, un batteur et un percussionniste….et puis l’ami Rodolphe. Le public est lui aussi de la partie, reprenant à tue-tête ses morceaux, du plus ancien au plus récent. Oui Jacques, je vais l’appeler Jacques comme il nous tutoie, nous emmène à la rencontre de Pamela Norton….Nous voilà transportés dans une boite de New Orleans en quelques secondes. Et il nous saisit, nous cueille, nous fait rire avec son histoire, son fantasme avec la belle Pamela…C’est Mona Lisa Klaxon, c’est Champagne, c’est……c’est la folie douce, c’est la musique qui nous prend, les mots qui nous entourent et nous appellent pour danser avec lui sur scène.

Oui, quel âge a-t-il pour entonner un tcha tcha tcha, un rock n roll ou se balancer sur un titre groovy “à mort”, nous faire du blues, de la country ou même du jazz. “ça booste, ça boom, ça cartoon, ça move à mort”…et pas que dans l’hyper giga megastore… Et si seulement ça ne faisait que ça?? Non, Higelin c’est le poète, le magicien des mots qui se lance sur un drap étoilé accompagné d’une violoncelliste et de son fidèle guitariste sur un titre d’une émotion si rare, si précieuse…. Précieux, c’est le mot qui peut le mieux décrire ces instants de grâce qui nous surprennent entre ces boules d’énergie qu’il nous balance. De quoi perdre le fil, la notion du temps….2H30 déjà??? Non, c’est un mirage?

Et hop, le voilà qui disparaît avec sa troupe. Les minutes sont longues, nous laissant seuls, nous les 5000, 10000, que sais-je, convives de cet anniversaire, dans la lumière rougeâtre du Zenith. Oui , comme si ça ne suffisait pas, il y a ce jeu de lumières, ces fonds chatoyants, ces étoiles magiques, ces faisceaux lumineux qui nous captivent. Sans Jacques, le temps paraît arrété. 23h passé  et on en redemande, par des cris, des chants, des applaudissements. Non, il ne va pas partir comme cela. Il va bien nous faire un petit rappel?

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Oh que oui, il va nous le faire et pas qu’un peu. Une heure de plus même et pas de l’heure au rabais. Il nous revient avec un accordéon et nous embarque dans un Paris musette, un Paris des faubourgs, un Paris de tous les jours, des beaux jours, des alentours…Et il virevolte dans une veste violette, tout en élégance, sur son piano, nous charmer de quelques notes. Et le public qui chante….Il nous a bien entraînés, c’est sûr, avec « Gordon, Alpes Maritimes, dont le donjon culmine à 2500 pieds du niveau de la mer Méditer…ranée ! » Mais maintenant c’est Paris - New York, New York Paris…et ….et…..

Oui, c’est la surprise du soir, qu’on espérait certes : Arthur H, son fils, sur scène avec lui le temps d’un titre. Qui dit Arthur dit…..Izia, que nous avions découverte dans cette même salle en première partie de Motörhead</a>. Que ce fut beau, que ce fut charmant, émouvant et tous les adjectifs que vous pourrez trouver pour décrire ces beaux moments, tout simples et tellement délicieux. De l’amour, de l’amour, sans savoir ce que c’est, comme il aime à chanter. Oui ce furent des moments d’amour avec son public, des moments de partage, d’échange, un mot que l’on balance trop souvent à toutes les sauces mais qui ne prend sa dimension que dans ces concerts-là.

“La retraite à 80 ans pour Jacques, à 90 ans, à 100 ans…”, hurle Arthur au public qui applaudit!  Mais quel âge a-t-il ? Vingt ans, non?? Oui, nous avons tous nos vingt ans ce soir lorsque nous sortons de la salle,  empressés que nous sommes de …. garder un souvenir de ce concert de plus de 3h30. Ils n’ont pas chômé en régie pour nous presser des triples CD de ce live. C’est peut-être le seul objet qui aura un âge car d’anniversaire il ne pouvait y avoir devant un tel artiste qui n’a plus vraiment d’âge.

Merci MONSIEUR Higelin.

En video : video

CD1

  1. Tête en l’air
  2. Coup de foudre
  3. J’ai jamais su
  4. New Orléans
  5. Mona Lisa Klaxon
  6. Kyrie Eleison
  7. Qu’est-ce qui se passe à la caisse
  8. Une fille au cœur d’acier
  9. Paris, New York

CD 2

  1. La gare de Nantes
  2. Champagne
  3. Beauté crachée
  4. Egéries, muses et modèles
  5. Août Put
  6. Valse MF
  7. Fais ce qu’il te plait
  8. Bye bye bye

CD 3

  1. L’accordéon désaccordé
  2. Crocodile
  3. Lette à l’ami de l’ennemi public N° 1 ( avec Arthur H)
  4. Ballade pour Izia ( avec Izia)
  5. L’amour (sans même savoir ce que c’est )
  6. ParsAfficher la suite

(merci à Martine C. pour le tracklisting)

affiche


Ecrit le : 19/10/2010
Categorie : musique
Tags : concert,live,Musique,Pop,Rock,chanson,2010s

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