Musique - The Police - Synchronicity (1983)

En seulement cinq albums et cinq ans, The Police a laissé une trace dans l’histoire du rock. Et s’il ne fallait garder qu’un album, pourquoi pas ce **Synchronicity** ?

Le groupe est fondé durant l’année 1977 par Gordon Matthew Sumner, le bassiste et chanteur surnommé Sting à cause de ses tenues à rayures, Stewart Copeland à la batterie et Andy Summers à la guitare (remplaçant l’éphémère Henry Padovani). Le groupe est issu de la scène punk londonienne mais les influences de chacun des membres vont s’avérer importantes dans la carrière du groupe. Ainsi c’est l’américain Copeland qui compose les premiers titres mais au fil des passages en studio et essais, Sting, ancien prof, se révèle un excellent compositeur. Leur style punk emprunte également au reggae et au ska, genres devenant à la mode à l’époque.

En 1978, ils signent pour leur premier album chez A&M. En fait, c’est le frère de Stewart, Miles Copeland, qui les fait signer sur ce label après avoir entendu le titre Roxane. L’album s’appelle Outlandos D’Amour. C’est véritablement en 1979 que le groupe commence à rencontrer du succès dans le Royaume Uni mais rien encore aux États-Unis où ils entreprennent pourtant une modeste tournée. Ils enregistrent Regatta de Blanc dans la foulée qui les installe en tête des charts avec des titres comme «Message in a Bottle» ou «Walking on the Moon». L’Europe est conquise et s’en suit une tournée mondiale. Pas de répit pourtant puisqu’en 1980, ils sortent leur troisième album, Zenyatta Mondatta avec encore des hits. «De Do Do Do, De Da Da Da» leur permet de conquérir les États-Unis. Mais déjà des dissensions interviennent dans le groupe entre Sting, qui s’impose en leader pour les médias et aspirent même à devenir acteur, et Stewart Copeland. Cela n’empêche pourtant pas la sortie d’un quatrième album en 1981 : Ghost in the machine et sa mythique pochette noir et rouge faites de digits. On y retrouve des titres anciens mais jamais édités ainsi que des nouveautés toujours avec cette alliance de punk rock, de reggae et de ska mais avec une influence jazzy de plus en plus notable et l’utilisation de claviers qui les inscrit dans la mouvance New Wave.

Le groupe a bien mérité une année sabbatique et c’est à l’issue que sort en 1983 leur dernier album en date, Synchronicity. L’influence Reggae qui subsistait jusqu’ici, disparaît presque totalement dans cet album. Au contraire, il y a utilisation de synthétiseurs et la présence plus importante de la basse qui montre aussi que c’est surtout un album de Sting. Il signe en effet 8 des 10 morceaux. Pourtant, les arrangements synthétiques d’un morceau comme «Synchronicity» ou encore les percussions de «Walking in your Footsteps» montrent que Stewart Copeland a son mot à dire. Un Copeland qui signe «Miss Gradenko» à la structure plus complexe que d’habitude. Andy est l’auteur d’un «Mother» décalé et plein de rage mais a l’occasion de montrer aussi son talent de guitariste dans «Synchronicity II». La quintessence de l’album est atteinte dans «Wrapped around your finger» qui allie le talent des trois musiciens : une ligne de basse puissante, des paroles captivantes, des percussions travaillées et des parties de guitares empreintes de feeling. L’album contient d’autres hits comme «Every Breath you take» ou «King of Pain» où la personnalité de Sting s’exprime clairement. Avec cet album c’est la dernière tournée du groupe qui ne peut contenir plus longtemps deux égos aussi forts. Sting a déjà en tête une carrière solo tandis que Stewart Copeland veut s’orienter vers la musique de films.

Le premier album solo de Sting, The Dream of the blue turtle sera dans le prolongement de cette fin de Police avec un style encore plus jazzy qu’il conservera quelques années avec bonheur. On le retrouve ensuite impliqué dans des causes humanitaires et écologiques. Ses albums deviennent à la fois plus pop tout en conservant son goût pour le jazz et les sonorités plus exotiques. De son coté Stewart Copeland signe régulièrement des musiques de films ou séries télé. On citera Wall Street d’Oliver Stone, Equalizer ou encore Raining Stones de Ken Loach. Andy Summers continue son activité de guitariste dans des domaines variés, tout en pratiquant la photographie ou l’écriture. On le retrouve au coté de Robert Fripp ou Thelonious Monk. En 2007, le groupe se reforme pour une tournée mondiale qui sent plus les dollars que l’envie de jouer ensemble sur scène. Tout cela est éphémère et les egos décidément trop forts. Chacun retourne à ses activités dès 2008 et Sting sort un nouvel album solo en 2009.

En video : video

Membres : Sting, Stewart Copeland, Andy Summers

  1. Synchronicity I
  2. Walking in Your Footsteps
  3. O My God
  4. Mother
  5. Miss Gradenko
  6. Synchronicity II
  7. Every Breath You Take
  8. King of Pain
  9. Wrapped Around Your Finger
  10. Tea in the Sahara
  11. Murder by Numbers

cover


Ecrit le : 24/02/2010
Categorie : musique
Tags : Musique,pop,rock,1980s

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