Musique - Cécile Corbel - Arrietty (2011)

Certaines aventures artistiques tiennent parfois du conte de fée. C’est un peu le cas avec ce qui est arrivé à Cécile Corbel, une jeune chanteuse et harpiste française. Elle s’est vue propulsée vers un succès international qu’aucun n’aurait pu prédire pour un registre pop-folk celtique à priori peu compatible avec les dessins animés du studio Ghibli.

La Harpe n’est pas un instrument très courant dans les charts musicaux, tant français que dans d’autres pays. Cécile Corbel, née en Bretagne, commence très jeune ce si difficile instrument et suit un parcours d’enseignement musical classique sans espérer en faire son métier. “Montée” sur Paris, pour ses études d’archéologie, elle se fait pourtant connaître en jouant dans une publicité avant de finalement signer un premier disque en 2005. Mais son premier véritable album date de 2006 avec Songbook vol.1. C’est très naturellement qu’elle a choisi la musique celtique comme terre d’accueil musicale et son premier album aborde des chansons bretonnes, irlandaises ou galloises. Cela lui permet de voyager à travers le monde et de se produire en première partie d’artistes comme Yann Tiersen, Alan Stivell ou Laurent Voulzy.

En 2009, elle participe au spectacle musical Anne de Bretagne mais c’est surtout la sortie de son album Songbook vol.2 qui va être le grand tournant de sa carrière. On commence à parler d’elle sur les grands médias car la musique celtique est à la mode. Mais en envoyant naivement (comme elle le dit) son album au studio Ghibli dont elle est fan, elle n’aurait jamais imaginé les conséquences. A ce moment, le studio de  Miyazaki Hayao est en pleine préparation d’un nouveau film sous la direction d’un réalisateur débutant. Le CD de Cécile Corbel atterrit sur le bureau du producteur, Suzuki Toshio. Il n’en faut pas plus pour que le studio la contacte pour réaliser la bande son du nouveau film du studio. Il faut dire que l’histoire du film, initiée par Miyazaki lui même il y a près de 30 ans, est largement inspirée d’une légende celtique et d’une histoire écrite par Mary Norton. La musique de Cécile Corbel et sa voix aérienne et cristalline tombe donc à point nommée pour illustrer le film.

La petite histoire dit que le réalisateur envoie des poêmes pour que Cécile et son équipe écrivent des titres comme des chansons. La partie instrumentale sera ensuite retenue comme accompagnement du film. Mais le générique du film est bien une chanson, la maintenant fameuse Arrietty’s song. Les versions de la bande son du film différent donc parfois : Il existe des versions chantées et des versions instrumentales. Nous détaillerons ici la version chantée, plus proche de la demande originelle du réalisateur.

Quoi de mieux qu’Another World pour ouvrir l’album. C’est bien dans un autre monde que nous invite mademoiselle Corbel, un monde où la harpe a le droit de citer dans les instruments. Et surtout un monde où pop, folk et musique celtique n’ont jamais paru si cohérents ensemble. La maintenant fameuse Arrietty’s song en est l’exemple, autant dans sa version anglaise que dans la version japonaise. La version française, non présente sur le pressage japonais, est tout aussi recommandable.

Quand on parle de pop, les titres Sho’s Song et son intro dansante, Sho’s Lament et sa lente mélodie, The Neglected Garden et ses couplets à la guitare sont de parfaits exemples. Mais on retrouve une forte influence celtique dans des titres comme My First Borrowing avec l’utilisation de percussions et de la flute celtique avec la harpe. Ne croyez pas que l’album manque de singles potentiels puisque le joli Our House Below pourrait répondre à cette demande, tout autant que Departure at Dawn. Ils disposent tous deux d’un refrain efficace, d’un couplet intéressant et travaillé et la voix légère de Cécile Corbel est à l’unisson des instruments utilisés. Haru’s Chase est à mettre à part dans l’album avec un rythme très haché, l’utilisation d’accordéon et un coté presque décadent avec des voix graves en choeur. Placé juste avant le très lent et aérien Rain, il n’en a que plus d’efficacité pour créer une rupture dans l’écoute. Une écoute qui n’a donc rien de linéaire avec des moments de joie, de peine, des morceaux dansants comme le très irlandais Spiller. On part même jusque vers la musique baroque avec l’utilisation de clavecin dans The Doll House qui est très en phase avec cette maison de poupée du film.

Au final l’écoute de cet album donne une impression similaire à la vision du film des studios Ghibli : la découverte d’un nouveau joyau. Tous les morceaux semblent finement ciselés comme des bijoux mais sans une sophistication excessive ou une surproduction troi souvent rencontrée. La musique prouve encore que même avec des milliers de kilomètres d’écart, on peut partager les même émotions sur un morceau.

En video : video

  1. A DIFFERENT WORLD
  2. ARRIETTY’S SONG (English version)
  3. SHO`S SONG
  4. SHO`S LAMENT
  5. THE NEGLECTED GARDEN
  6. FORBIDDEN LOVE
  7. MY FIRST BORROWING
  8. OUR HOUSE BELOW
  9. HARU`S CHASE
  10. RAIN
  11. SPILLER
  12. THE DOLL HOUSE
  13. DEPARTURE AT DAWN
  14. ARRIETTY`S SONG

cover


Ecrit le : 25/02/2011
Categorie : musique
Tags : folk,jazz,Musique,Pop,2010s,japon

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