Musique - T-Rex - The Slider (1972)

Indissociable de la personnalité de Marc Bolan, T-Rex a longtemps été ignoré dans l’hexagone avant un retour en grâce. Multiplement repris par d’autres,imité, le rock moderne n’aurait peut être pas été pareil sans le dinosaure londonien.

Natif de Londres, le jeune Marc Bolan est très vite attiré par la musique rock et suit le mouvement Mod, tout en apprenant la guitare et faisant quelques photos de mode après avoir quitté l’école à 15 ans. Inspiré aussi par Bob Dylan (dont son pseudo de Bolan serait la contraction), il travaille petit à petit dans le monde de la musique et signe chez Decca un premier single en 1967. Mais de carrière solo, il n’y aura pas tout de suite puisqu’il fonde Tyranausorus Rex, renommé T-Rex. C’est d’abord un duo avec Steve Peregrin Took à la batterie. Mais le mélange de la folk Dylanienne avec des influences rock ne prend pas et dérive vers des morceaux plus psychédéliques et baroques. Le duo finit par se séparer, Bolan conservant le groupe et Took filant vers d’autres amours musicaux et paradis artificiels. C’est un certain Mickey Finn qui le remplace. Le son se fait plus rock mais aussi plus simple avec l’utilisation de la guitare électrique au lieu de l’accoustique des débuts. Le duo est rejoint par Steve Currie et Bill Legend et sort un album nommé …T-Rex pour marquer la rupture avec l’ancienne formule. le groupe s’inscrit dans un nouveau mouvement : le Glam Rock, Bolan apparaissant sur scène avec du maquillage. Et cela nous amène, après un succès grandissant, à un deuxième album baptisé Electric Warrior, en 1971, souvent considéré comme le meilleur du groupe. C’est l’album du single “Get it On”, multiplement repris et samplé depuis. Il faut donc que le groupe surfe sur le succès et il le fait avec un troisième album en 1972 : The Slider.

L’album commence par un Metal Guru très festif et pop, tout à fait dans la veine glam décadent avec cris, choeurs et petits solos de guitare en intermède. Le tempo ralentit pour un Mystic lady presque acoustique et au “baby, baby” et aux “yeah, yeah” que la voix de Bolan magnifient. On change un peu avec la répétitivité du riff de Rock on. La recette est toujours la même avec des choeurs frisant le strident, un riff efficace et la voix et le phrasé de Bolan qui fait le reste. Le titre éponyme, The Slider, paraît plus rock avec son son de guitare plus grave, ses choeurs à la voix trainante mélés aux envolées de guitare. Baby Boomerang reprend un peu de la recette Rock On, à savoir un morceau très répétitif au riff très présent. Mais c’est toujours moins séduisant que le Spaceball Ricochet à l’aspect lunaire et planant. Bolan y a une voix plus légère, plus sussurée et plus aigue. Rien à voir avec la bestialité ambiante de Buick Macklane. On a bien envie d’être sa fille pour répondre à ses “would you be my girl”. Là encore, le morceau est répétitif, intense, tout en variation sur un riff de base. Un riff, bien moins efficace que celui, devenu très classique et rock’n roll, de Telegram Sam, hit à l’époque. Mais là où Bolan et son groupe sont encore les plus prenants, c’est sur des morceaux plus lents comme Rabbit Fighter, au son de guitare strident, aux paroles plus travaillées. T-Rex sait aussi être très classique et rock’n roll avec ce qu’il faut de dérision et de délire comme ce Baby Strange. L’alternance de l’album entre morceaux lents et mid-tempo fonctionne à plein. On plane littéralement sur Ballrooms of Mars tandis qu’on danse sur Chariot Choogle. Rien n’est laissé au hasard avec des sonorités toujours très homogènes dans les sons de guitare, la manière de chanter les choeurs, aigus et trainants. Le son emprunte parfois au rock US de l’époque, comme pour Cadillac. Mais Bolan y insuffle toujours sa patte avec sa voix et son phrasé si particulier. L’album se termine par un “Lady” plus flower power et pop.

En écoutant cet album plus de 40 ans plus tard, on comprend à la fois les critiques qui qualifie Bolan de chanteur pop et la trace qu’il a pu laisser dans le rock. Il avait réussi le mix parfait entre les deux mondes en donnant une véritable personnalité à travers son personnage dans une musique et une scène pourtant très encombrée et très inventive.

L’album marque la conquète des Etats-Unis mais aussi la fin de l’age d’or de T-Rex qui aura du mal à continuer sur sa lancée, malgré des albums chaque année jusqu’en 1977. Marc Bolan était décidément prolifique en tant qu’auteur, puisqu’en plus de T-Rex, il participe à d’autres albums et titres comme avec Electric Light Orchestra ou Gloria Jones, sa petite amie de l’époque. C’est dans la voiture de cette dernière qu’il trouvera la mort dans un accident de la route en 1977.  Il laisse pourtant une trace indélébile dans l’histoire de la musique, son style influençant aussi la musique Punk et le Hard Rock Glam du début des années 80.

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Ecrit le : 17/08/2011
Categorie : musique
Tags : hard-rock,Musique,Rock,1970s

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