Cinéma - Persona d'Ingmar Bergman (1966)

Il y a donc deux Bergman à voir, si l’on s’en tient aux avis généraux et celui là est moins facile d’accès que l’autre…

Quand elle n’est pas censurée, la première partie du film, le prologue, est une succession d’images parfois subliminales et de séquences qui laissent d’abord perplexe : Une pellicule, l’ampoule du projecteur, des sexes, …Ok, il va falloir être attentif et ouvert comme pour une oeuvre d’avant-garde ou abstraite. Pour exprimer une idée de renaissance par le cinéma, peut-être ? L’histoire est toute autre….ou presque. Nous voilà dans un hôpital où une ancienne actrice, Elisabeth Vogler (Liv Ulmann), est confiée au soin d’ne juene infirmière, Alma (Bibi Anderson), par son docteur (Margaretha Krook). Est-elle surmenée ? En tout cas, elle a un comportement incohérent depuis un tournage, et a cessé de parler. Une relation trouble s’installe entre les deux femmes qui se racontent leur histoire.

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Bergman garde ce goût pour un cinéma épuré, des plans longs avec des symboliques et des gros plans sur les visages qui mettent plus en valeur le jeu de ses muses, Liv et Bibi. Une lumière crue, peu de maquillage et quelques images iconiques fortes (le moine qui s’immole au vietnam, la photo du ghetto de Varsowie…). Le thème principal, pour moi, c’est celui de la place des femmes dans la société, les «rêves» qu’on leur impose et qu’elles se croient parfois libres de faire. On parle aussi d’homosexualité féminine mais également d’avoir et de trouver sa propre personnalité. Tout cela imbriqué dans une forme qui peut troubler en fait un film à la fois énigmatique et fort. La forme peut justement faire passer à côté du sujet, malgré la force du propos, tant il faut parvenir à reconstruire le récit à froid. C’est typiquement le genre de films dont ont sort de la séance en ayant le sentiment de ne pas avoir tout compris. Il faut prendre le temps de se repasser les images, de se reconstruire son film pour le comprendre. Un peu à la manière de ces deux femmes qui réalisent certaines choses après les avoir vécues….un psychanalyse pour un film psychanalytique.

L’aptitude du spectateur à accepter cet exercice, en fait selon moi un grand film ou pas. Le cinéma n’a lui même pas un sens unique pour tout, entre pur divertissement, art, ou documentaire. Bergman s’est interrogé sur cela, sur son art et le sens à donner à sa propre carrière. Le fait qu’il ait écrit ce film en étant lui même à l’hôpital a certainement pesé sur un scénario qui emprunte aussi à la vie personnelle de ses interprètes. Sa mise en scène est ici assez proche du théatre, ce qui pèse sur d’autres éléments de sa filmographie. L’utilisation du noir et blanc fait aussi partie de son oeuvre, assez faible en couleurs. J’ai été plus marqué par d’autres de ses films que celui là mais cela tient aussi aux sujets et à une mise en image (avec quelques incohérences ici) qui m’a touchée. Au moins a-t-il pu être intègre et proposer sa vision.

Ce film fait partie du challenge IMDB Top250

Une Bande-annoncevideo


Ecrit le : 20/03/2014
Categorie : cinema
Tags : cinéma,film,suède,concept,1960s

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