Blog - Introspection estivale

Comme je le disais dans un précédent billet, l’été est pour moi une période d’introspection, de changements, de projets.

Même si j’ai légèrement ralenti le rythme des billets, je n’en continue pas moins à en avoir en brouillon ou en planification pour la rentrée. Je ne garde plus que quelques rubriques vivantes et je m’aperçois que je ne pratique plus trop la photographie, par exemple, ou que je ne lis plus aucun test des véhicules qui sortent des chaines des constructeurs. Mais par contre, je suis encore l’activité compétition, les articles techniques…

Côté logiciel libre, j’ai trouvé une certaine stabilité. Au point que je ne change rien, donc je ne teste rien, donc je ne parle plus vraiment de ça…En fait tout est aussi lié au Hardware. A part mon vieux NAS synology qui refuse de mourir, je ne vois pas vraiment ce que j’aurais à changer. Si je ne change pas d’ordi, je n’aurais pas à tester une autre distribution, une configuration à mettre en place, des pilotes à chercher etc… Idem pour Android avec un téléphone plutôt stable et suivi (même si la derniere MIUI 9.5 me déçoit un peu en termes de performance). Pas de changement d’applications, rien de nouveau non plus sous le soleil… C’est en fait ce que je cherche depuis le départ, cette stabilité et cette tranquilité d’usage. Mon autre solution, ça serait de faire comme Romain, aller chez la Pomme. Mais franchement, avec la qualité surcôtée et le modèle économique de la marque de Cupertino, c’est no way, même en occasion. La stabilité va de pair, pour moi, avec la simplicité. D’ailleurs si les gens remplacent l’ordi par le portable pour beaucoup de choses, c’est parce qu’on peut restaurer le système assez simplement, que les fonctions sont accessibles simplement (j’ai même moins de mal à imprimer du mobile que d’un pc sous linux aujourd’hui !!!). Comme Cyrille ou Cascador et bien d’autres, j’observe que les logiciels linux font l’impasse sur cet ancêtre du Market que sont les Dépots et Synaptic (et ses copains) pour s’installer au profit de formats “propriétaires” (snap, app.image) en tout cas un peu plus à la windows, soit l’inverse de ce que veulent les gens de la vraie vie. Et là, pour les dépendances, on se retrouve avec un beau bordel parfois. Allez comprendre ! Ce qui me va aujourd’hui, ce sont des notes basiques, un Nextcloud basique, des sauvegardes à l’ancienne, un peu de rigueur dans l’utilisation des outils, un approfondissement dans l’utilisation de ce qu’on a sous la main plutôt que de chercher ailleurs. Alors je rechigne aussi à quitter la Debian, malgré les petits désagréments que je rencontre parfois. J’ai bien prévu de tester une MX Linux ou la dernière Fedora, mais je me dis que je devrais plutôt améliorer l’image disque de mon système installé. Mon dernier petit problème qui m’a fait aller dans l’emergency mode de Debian a été soldé par un bon petit fsck sur le disque concerné après examen du journal. Il faut juste ne pas céder à la panique et toujours avoir une solution de secours. On en revient toujours au backup et à l’image disque.

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fragile, pas réparable, fermé, …il est beau l’avenir

Et puis depuis le début du mois, on vit à crédit sur la planète. On exploite trop de ressources environnementales et je pourrais faire bien mieux, tous les jours. Je pourrais mieux recycler l’eau de pluie, l’utiliser pour tout, même si la loi interdit pour l’instant ces choses. Je fais attention aux emballages mais la somme de ce que je produis comme déchets chaque semaine m’exaspère. Si je n’ai pas acheté de produits électroniques par mode, si la plupart de mes outils ont plus de 7 ans (et j’espère que le smartphone durera aussi cela…), si je préfère réparer que racheter, il arrive un moment où l’aspect financier de la chose est primordial. Dans ce monde, la pièce détachée coûte parfois plus cher que 60% du prix du neuf. Dans l’automobile, il y a des raisons contractuelles pour que la pièce détachée soit bien plus chère que la pièce de série, ne serait-ce que pour la gestion des volumes de production, du stock, des moules, etc.. J’imagine qu’il en est de même pour le reste et on ajoute à cela le coût de la main d’œuvre qui est différent, les taxes, etc. C’est à ce moment qu’on se dit qu’acheter une production locale peut arranger les choses…Sauf que c’est encore illusoire pour beaucoup de produits. Rien que dans le bio et le végétarisme c’est compliqué de faire un choix entre production et transport.

Aujourd’hui, je ne suis plus trop dans les manifestations veganes. Le terme est enfin devenu populaire, à défaut du mode de vie. Comme le libre, je ne suis plus militant du libre mais pratiquant avec toujours l’envie d’en parler autour de moi, de démontrer la faisabilité. Un petit rappel pour ceux qui pourraient dire que je ne suis que Végétalien : Le végétalisme ne s’occupe que de l’alimentation alors que le veganisme s’occupe du reste. Bon, on joue sur les mots et je ne crois pas avoir rencontré de végétalien portant un blouson en cuir ou s’asseyant sur une peau de bête posée pour protéger son canapé en buffle. Autour de moi, on sait que je suis “vegan”, et je vois que la consommation de viande a diminué chez certains alors qu’avec d’autres, aucun discours ne fait recette. Tout vient en fait de la perception que l’on a de la place de l’homme sur cette planète et comme animal. Si je fais quelques tests de nourriture vegane un peu décalée ou étonnante, ce n’est pas ce qui convaincra une personne d’essayer le veganisme. Par contre, se poser la question de notre rôle dans l’écosystème, de la sensibilité de l’animal, va imperceptiblement faire changer des comportements. Pour le déclic, ça dépendra mais je me dis que je pourrais parler un peu plus de ces sujets qui posent des questions sans apporter forcément de réponses toutes faites.

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Night windows - Edward Hopper 1928 (MoMA)

Les réponses toutes faites, justement, c’est ce qu’on me demanderait dans mon métier. Pour un élément à mesurer physiquement, la plupart des gens attendent un résultat, un chiffre avec certitude. Mais ceux qui sont réellement de la partie savent qu’il y a une incertitude de mesure mais en plus, il y a diverses méthodes pour calculer cette incertitude et on entre alors dans des outils mathématiques et statistiques. En langage courant on parlerait de droit à l’erreur et d’analyse du risque. Et chaque jour on se remet sur le métier pour améliorer les choses, confronter ce que l’on croît acquis, en tout cas c’est ce que l’on devrait faire. Cette amélioration continue que les Japonais appellent Kaizen, c’est un peu ce qui devrait dicter la vie de tous les jours. Malheureusement, nous sommes humains et comme je l’ai dit plus haut, nous aspirons à la tranquillité et à la stabilité. Et puis pour certains, l’amélioration, ça sera le toujours plus, l’empilement, l’accumulation ce qui montre que ce n’est pas compris. Et pour un même objectif de faire mieux (par exemple mesurer avec moins d’incertitude, consommer moins d’énergie…) on doit aussi penser à faire moins cher, faire plus rapide, plus simple. C’est un peu ce que je lisais récemment sur ce que l’on trouve comme réponse à la pollution automobile. Les systèmes deviennent plus complexes, plus chers et plus difficiles à recycler. J’ai fait un choix raisonné il y a 12 ans, parce que j’avais lu un dossier confidentiel qui décortiquait mon véhicule de A à Z, que je pensais long terme, transition et aujourd’hui j’ai quelque chose qui fonctionne toujours, qui sait être mieux recyclé et n’est pas si complexe que d’autres concurrents. Mais aujourd’hui je ne trouve pas de réponse pertinente à la suite, à ce besoin de stabilité, de simplicité et d’économie.

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Lecteur, voilà ta nouvelle philosophie…

Je ne trouve pas ce genre de réponse autant pour l’automobile, que pour** l’informatique mobile ou sédentaire**. Aucun Système d’exploitation ne me convient, les plus simples dérivant vers ce que je ne veux pas tandis que les plus compliqués hésitent toujours sur leur but. Entre un Android qui devient une usine à gaz pour gérer les permissions, un Lineage qui se disperse, un iOS qui pense plus au changement de version qu’à une véritable évolution positive, un Windows qui hésite toujours dans ce qu’il veut être, une Debian qui a enterré son fondateur et des terminaux qui grossissent trop, qui se transforment mais sont irréparables et fragiles, j’ai vraiment du mal avec ce monde. Mais comme dit Michael, “Hold on” !

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Ecrit le : 11/08/2018
Categorie : reflexion
Tags : blog,environnement,geek,Geekeries,logiciellibre,Réflexion,veganisme

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